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De l'importance des arbres......

"Autrefois, ceux qui n'avaient pas la chance d'avoir une terre à eux, avaient leur arbre de cœur. Dans la vie d'un paysan, il y a toujours un arbre qu'on aime.
Lorsque l'orage venait à abattre quelque vieux barbu de la forêt, c'était la consternation de perdre un ami.
Aujourd'hui, l'homme les abat sans même un soupir. En cinq minutes, avec sa belle tronçonneuse, il assassine un arbre qui a mis cinquante ans à pousser. Puis il va toucher sa prime car il a fait son devoir sous prétexte de remembrement. Un peu plus tard, il en touchera aussi pour reboiser. En attendant, il aura perdu quelques vaches, sans comprendre. Il a oublié que les arbres servaient à quelque-chose dans la nature. A respirer, à faire de l'ombre, à protéger du vent. C'était le refuge du bétail et celui de la violette. Il fallait en laisser des arbres ! Mais non, l'homme coupe et pense après. (...)

L'humanité, prise de folie, est entrain de se châtrer.

Elle ne croit plus à rien.

Et pourtant, si le bonheur était dans le pré ?

Cours-y vite ! Cours-y vite !


Auteur (je ne me souviens plus !)

Si j'étais Dieu....

"Si j'étais Dieu, pour commencer, je ferais chanter les arbres et fleurir les oiseaux.....

Si j'étais Dieu, je viendrais en France au printemps. Je choisirais le Bourbonnais à cause de la douceur de ses collines où l'on a envie de promener sa main comme sur une femme. Je me poserais dans l'herbe d'un pré, sans ma barbe ni ma croix, sous l'apparence d'un enfant. Et je ne pèserais pas plus qu'un papillon, pour ne pas faire souffrir l'herbe déjà haute et encore tendre. Je m'assierais au milieu d'elle en la priant de m'excuser. Elle serait ronde autour de moi, et droite de ses mille fois mille lances toutes semblables dont aucune n'est pareille. Je la caresserais de la paume de mes mains dans lesquelles elle serait fraîche comme le nez d'un chien. Je serais pareil à un enfant qui n'a encore jamais vu de fleurs, et chaque année, à chaque printemps, chaque fois je découvrirais de nouveau l'émerveillement du narcisse et du bouton d'or. Dans le pré voisin il y aurait une vache blanche qui me regarderait. Elle saurait qui Je suis et ne serait pas étonnée. Entre ses yeux et les miens, et sur l'herbe et les collines, et aux cimes des peupliers qui vont en rang et accueillent le gui et les corneilles, passerait, avec simplicité, l'amour. Je serais heureux comme un Dieu. Vous pouvez l'être aussi.

Partout."


Extrait de "Si j'étais Dieu..." René Barjavel